Sauver la culture aux temps du Coronavirus !

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Les mesures sanitaires

Pour juguler la propagation du Covid-19, tout rassemblement de plus de 100 personnes est interdit depuis le 13 mars. Cette mesure, qui a un impact direct sur l’ensemble de l’activité économique du pays, touche tout particulièrement le secteur de la culture. Il a durement été affecté par la fermeture de l’ensemble des musées, des lieux de spectacles, de concerts et d’exposition.

Entre interdiction ministérielle, principe de précaution ou volonté de continuer à vivre normalement, voici la liste des événements annulés, reportés ou maintenus à Marseille et dans les Bouches du Rhône.

Le soutien de l’Etat

Pour faire face à l’impact de cette pandémie, le ministère de la Culture s’est doté d’une cellule d’écoute et d’information destinée à aider les professionnels dans les différents secteurs (théâtre, cirque, art de la rue, danse, livre…) et a pris des dispositions spécifiques, en lien avec le ministère de l’économie et des finances dont un dispositif inédit permettant à l’Etat de garantir des prêts à hauteur de 300 milliards d’euros ayant pour objectif de soutenir l’économie française, dont le secteur culturel.

Une autre forme de soutien est le fonds de solidarité financé par l’Etat. Il est destiné aux entreprises dont la perte est de 70% du chiffre d’affaires par rapport à l’année précédente.
Ces professionnels percevraient une aide forfaitaire de 1500 €.

Dans le sud du pays, un “élan de solidarité” de nombreuses personnes ayant renoncé au remboursement de leurs billets a poussé Dominique Bluzet, directeur à la fois du Gymnase-Bernardines à Marseille, du Théâtre du Jeu de Paume et du Grand Théâtre de Provence à Aix-en-Provence à créer “un fonds de dotation” destiné aux “artistes les plus impactés” notamment les intermittents du spectacle.

Dans ce sens, le ministre français de la Culture Franck Riester a annoncé une première “aide d’urgence” de 22 millions d’euros pour la musique, le spectacle, l’édition et les arts plastiques. Il devrait annoncer plus tard des mesures spécifiques pour les intermittents.

Le soutien des citoyens

Sur les réseaux sociaux, près de 50.000 internautes ont signé une pétition sur change.org intitulée “La culture française est infectée par le coronavirus”, appelant à reculer la date butoir des indemnisations pour donner du temps aux intermittents de reprendre leur activité.

Si notre responsabilité en tant que citoyens est engagée dans l’effort de vigilance et de confinement face à la propagation du virus, quelles formes pourraient prendre nos gestes pour sauver la culture ?

Il serait donc temps de songer à une forme de solidarité culturelle ! Pour commencer, nous pouvons nous laver les mains en rythme et en chantant sur I Will Survive.  Sa célèbre interprète, Gloria Gaynor, l’a fait et partagé dans une vidéo “tuto”  qui a été baptisée #Iwillsurvivechallenge.

Disons que se laver les mains est peut-être le premier geste de solidarité culturelle puisqu’il consiste tout bonnement à protéger in fine le public.

Mais au-delà de cette anecdote, revenons à ce que seraient des gestes de solidarité culturelle.

#JeGardeMaPlace, #SauveTonSpectacle, #ReporteTaVenue. Autant de hashtags qui circulent sur les réseaux sociaux depuis qu’un hashtag similaire a été lancé par un internaute en Hongrie : #nevaltsvisszajegyet (ne renvoyez pas vos billets). Il a appelé ses concitoyens à renoncer au remboursement des spectacles annulés pour soutenir les milieux culturels.

En France, le Syndicat national du théâtre privé a relayé cette initiative, invitant les spectateurs à faire preuve de “solidarité”. Pour les français qui en ont les moyens, cela pourrait être une marque de civisme culturel.

Par ailleurs, si de nombreux artistes et institutions ont décidé de diffuser malgré tout leurs spectacles en live sur Internet – à l’instar du groupe « Tryo » dans un Bercy vide – on pourrait imaginer que ces initiatives s’accompagneraient d’un appel aux dons en direct pour un fond commun d’aide à la culture.

Il pourrait également être judicieux de réserver des livres en librairie pour accompagner le retour à la vie après le passage de l’épidémie. Histoire que les GAFA ne soient pas les seuls à s’engraisser dans cette période de confinement.

Enfin, on l’a vu, cette pandémie aura montré l’importance des outils de communication numériques dans la permanence de nos liens. Ce pic de conversations en réseau est l’occasion de partager des expériences culturelles à domicile (films, livres, disques, spectacles en ligne et collections de musées numérisées).
Grâce à cela on pourrait tous devenir curateurs et critiques les uns pour les autres, l’application du Pass Culture en avait rêvé, nous pouvons le faire !

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